" Voici ce que je suis, donc, depuis cette nuit de pleine lune où l'onde m'a engloutie. Depuis cet autre moment où je me suis relevée de la vase du fleuve, silhouette refondue aux couleurs des galets. Une ombre et le fantôme d'une désespérance. Une chair tissée de lune autour d'une âme clouée à terre. Je vis là, dans la rivière, sans mémoire et sans but. J'attends, je tue, je ne renonce pas au tourment."
Associée à l'Eté et à la rivière dans l'architecture du recueil La Tisseuse, "Un Miroir de Galets" est un de ces textes Silholiens où dominent les figures de l'eau et du miroir. Fortement associées à l'image de l'identité (perdue, captive ou retrouvée), elles rythment la nouvelle, d'échos en reflets, à travers les pensées d'une Roussalka, qui incarne tout à la fois une figure de prédation élémentaire et de jeune fille sacrifiée. Elle vit dans une rivière considérée par les hommes comme un miroir où l'on peut avoir une vision de son avenir, et où en réalité beaucoup d'entre eux trouvent la mort.
Commentaires de lecteurs
"S'il faut chercher un miroir dans cette histoire de Loreleï, ce n'est pas tant dans le reflet de la rivière, ici symbole des pulsions de mort qui nous noient dans le flot sombre de nos émotions, jsqu'aux profondeurs du néant où gisent les filles-mères suicidées, que dans le flot des mots et des images. Un miroir frémissant, ensorceleur et maudit... Un miroir fascinant, terriblement séduisant et sensuellement macabre, qui hypnotise notre regard et le projette dans nos propres profondeurs. Tissée sur les thèmes noirs et scintillants qui parcourent le recueil [Les Contes de la Tisseuse], cette nouvelle-miroir dissout nos vies qui s'écoulent alors lentement dans leur vide originel, vers l'oubli et le néant..."
PiWay
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